Exécution à la tronçonneuse.

J’avais dans mon jardin trois beaux bouleaux à l’écorce d’albâtre.

Jeunes, fiers et élancés, vibrant au vent et dispensant par ces temps de canicule leur ombre ténue.

Ma femme, procureur implacable, n’aime pas les arbres.

Leur ombre faisait, selon elle, mourir ses fleurs.

Depuis des mois je supportais la complainte, de plus en plus pressante :

« Coupe en au moins un ! »

Or ces derniers mois, il a fallu se rendre à l’évidence, les bouleaux faisaient également ombre à l’incontournable télévision.

J’ai proposé de déplacer la parabole, mais celle-ci aurait défiguré la maison !

Le plus beau, le plus élégant, était le coupable.

Mon fils étant là pour aider, la sentence fut inéluctable.

La tronçonneuse, cette traitresse qui n’avait pas grondé depuis plus de dix ans, démarra au premier tour de ficelle.

C’en était fait de mon bouleau.

Je dus même participer à l’exécution en tirant sur la corde pour guider la chute, tandis que le bourreau procédait à ses basses œuvres.

De mon beau bouleau, il ne reste qu’une dizaine de buches de bois blanc et un tas de feuillages qui vont rapidement sécher au soleil.

J’ai trois frênes, fiers et élancés, qui nous protègent du vent du Nord.

Mais ma femme, procureur implacable, n’aime pas les arbres.

Leurs feuilles tombées à l’automne encombrent et salissent le chemin devant le garage….

Le 5 juillet, triste jour de canicule.

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