Le cirque de Pineta

Le cirque de Pineta se situe du coté espagnol des Pyrénées, au pied du Mont Perdu.

C’est l’accès par le sud au parois Nord des “Trois Sœurs“ (Marboré, Cylindre, Mont Perdu).

Le fond de la vallée est fermé par un imposant cirque de falaises de grès rouge. Les mêmes que l’on retrouve de l’autre coté de la frontière à Gavarnie ou à Troumouse.

Mais contrairement à Gavarnie, le haut du cirque n’est pas une crête mais le rebord d’un vaste vallon suspendu qui héberge le Lac Glacé sous la brèche de Tuquerouye.

Le Lac Glacé était notre objectif ce jour là.

En 199.., le téléphone portable n’était pas encore inventé et la météo assez imprécise.

Donc, nous voilà partis en famille, de bon matin, par beau temps, remontant un fond de vallée d’abord peu pentu, parsemée de pins Cembros, puis de plus en plus encombré des blocs et cailloutis jusqu’au pied du cirque de falaises.

D’un coup le sentier s’élève en zigzags de plus en serrés sur un cône d ‘éboulis, à gauche de la cascade principale, puis par des traversées dans des barres rocheuses, recoupant de nombreux lits de torrent et cascatelles et rejoint le plateau plus de 1000 m plus haut.

Tout occupé à l’ascension nous n’avons pas fait attention à l’évolution du temps et lorsque l’horizontale reprend ses droits, nous levons la tête et constatons que le ciel est encombré de lourds cumulus. Les glaciers se perdent dans les nuages. Sur ce plateau de roches désertiques, aucun abri. Quelques gouttes de pluie éparses et de lourds grondements au delà de la frontière nous décident à rebrousser chemin au plus vite.

Dès que nous entamons la descente, l’orage se précise. D’un coup la pluie nous fouette, la grêle et le grésil rendent les rochers glissants et nous descendons avec précaution.

Nous entreprenons les traversées au paroxysme de l’orage. La foudre claque tout autour de nous. La pluie et le vent décrochent des pierres qui passent à droite et à gauche en d’immenses rebonds. L’affolement gagne et nous pressons le pas pour nous retrouver stupéfaits devant une tumultueuse cascade qui nous barre le passage. Traverser c’est le risque d’être emportés, pour les enfants surtout….

Deux alpinistes espagnols nous rejoignent, ils ont une corde. Ils traversent la cascade assurés et nous établissons une main courante.

Je fais passer d’abord ma fille, mon ainée, devant moi (entre moi et la corde). J’ai de l’eau jusqu’à mi-cuisse. Elle est presque submergée…

Pour mon fils, plus petit, hors de question de procéder de la même façon. Je le prends sur mon dos. Ses petits bras enserrent mon cou à m’étouffer. D’une main de retiens une de ses jambes. L’autre est pour la corde. Ma femme suit de près et consolide l’édifice.

Ensuite, il faut que je retraverse pour récupérer les anneaux de corde et la main courante. Encore deux passages dans l’eau furieuse.

L’exercice se renouvelle deux ou trois fois, toujours avec l’aide des espagnols ; toujours aussi périlleux ; de plus en plus trempés, tremblants de froid.

Nous finissons par retrouver la vieille moraine. Nous somme tirés d’affaire. De grands remerciements et de grandes claques dans le dos avec les espagnols et ceux ci dévalent la pente à une vitesse que nos enfants ne pourraient soutenir.

Il est 14 h ; retour au camping-car, trempés, crottés, frigorifiés. Le ciel se dégage rapidement. Un soleil bienvenu va nous réchauffer.

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