L’Aneto

Participants : Bruno Talour
Pascale Talour
Avril 1978
Nous avions prévu pour ces vacances de Pâques une grande boucle qui à partir du « Plan de Senarta » dans la vallée de Bénasque nous conduirait à l Aneto, puis au Posets.

Malheureusement, la météo et les événements dramatiques qui en découlèrent ont fait que ce programme fut réduit à sa première étape.
Le premier jour (je n’ai pas trace des dates précises), la météo était douteuse, mais nous partîmes quand même remontant la vallée de Vallibierna dans le brouillard. Après une longue marche, nous plantâmes la tente à proximité des lac de Coronas. Il neigea dans la nuit et il plu au matin.


Le deuxième jour nous vit redescendre à la voiture trempés.
Le troisième jour, le beau temps revenu, nous reprenons la route de la vallée de Vallibierna et en une très longue étape montons au col de Coronas que nous franchissons vers 17 h. Compte tenu de l’heure tardive, il n’est plus question de gagner le sommet de l’Aneto.


Nous enlevons les peaux et basculons dans la descente sur le glacier de l’Anéto.
Au bout de quelques centaines de mètres nous arrivons sur sur un groupe de Français qui montent un tente à cet endroit insolite et nous expliquent qu’une jeune femme est tombée dans une crevasse. Elle gît 15 m plus bas sur un bouchon de neige. Il sont descendus jusqu’à elle et comme elle se plaint de douleurs au dos/ Il craignent qu’elle soit blessée à la colonne vertébrale.
Nous proposons de les aider à la sortir de là (nous sortons d’un stage de chef de course et sommes rodés aux techniques d’auto-secours). En raison de sa blessure, ils nous disent préférer attendre les secours qu’un membre de leur groupe est parti prévenir à Benasque.
Nous leur laissons du gaz et de la nourriture et poursuivons la descente sur le Plan des Aigalluts ou nous campons.

Le quatrième jour, nous nous réveillons avec la pluie, plions notre matériel et rejoignons le refuge de la Rencluse.

A ce dernier nous ne trouvons qu’un autre groupe de français accompagnés d’un guide, mais point de sauveteurs. A la pluie succède la tempête de neige.
Dans la soirée, des secours espagnols arrivent tard très mal équipés (des ficelles autour des skis en guise de peaux dephoque !) et s’installent dans le refuge sans aucune velléité d’aller plus loin.
Avec le guide, nous décidons d’unir nos forces pour essayer d’aller chercher les naufragés du glacier.
Au matin du 5° jour, nous sortons dans une violente tempête de neige, remorquant un traîneau de fortune derrière nous.
Au bout de deux ou trois heures, nous voyons le guide qui nous précédait avec deux de ses clients revenir et nous dire qu’à partir de la brèche du Portillon, le vent était tel sur le glacier qu’ils étaient jetés à terre et ont du renoncer.
Dans la soirée arrivent des gendarmes de montagne français du peloton d’Oloron. Il nous expliquent qu’il a fallu une autorisation administrative longue à obtenir pour qu’ils puissent intervenir en territoire espagnol.
Nous faisons le point sur nos tentatives.
Il décident d’une part de faire une nouvelles tentative en direction du glacier, tandis qu’un d’entre eux doit nous accompagner jusqu’à Benasque.
Le sixième jour, la tempête n’a pas faiblis, la descente se fait sans aucune visibilité. Le gendarme ouvre la route devant moi, quand d’un coup je le vois disparaître. Je m ‘arrête et prudemment m’avance au sommet d’une barre rocheuse, heureusement de faible hauteur. Nous la contournons pour rejoindre le gendarme qui a eu plus de peur que de mal. Une bonne rigolade, ça s’arrosera à l’auberge à Benasque.
Vers midi nous sommes au village et après un repas à l’auberge, nous reprenons la route pour la France.
Il fait beau sur le versant Espagnol de Pyrénées et nous apercevons le sommet de l’Aneto qui fume dans la tempête.
De retour à Grenoble, les journaux nous apprendrons que ce même jour un des gendarmes de l’équipe de secours fut tué par une avalanche sous la brèche du Portillon.
Le vent étant tombé, les naufragés seront récupérés par un hélicoptère venu de France.
Dès le premier soir leur tente fut arrachée et ils se réfugièrent dans la crevasse à coté de la blessée.
Ils s’en sortirent avec quelques gelures. La blessée n’avait rien de grave

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *