La jupette

J’ai acheté une jupette…

j’ai acheté hier une jupette chez Décathlon, celle dont certains vantaient les mérites il y a quelques temps sur cette liste.

Le soir même, ma femme étant absente (touches pas à la machine à coudre, tu vas tout me dérégler !), je me suis lancé dans des travaux de couture, de petits travaux…

J’ai déplacé des scracths, l’anneau de fermeture et quelques autres bricoles.

Je suis fier, j’ai une jupette.

Noire, c’est pas terrible, mais il n’y avait pas d’autre coloris.

Aujourd’hui, je l’inaugure donc en randonue. Comme personne ne s’est porté volontaire pour m ‘accompagner, je suis seul dans la montagne.

Je n’ai pas osé la mettre tout de suite pour traverser le hameau de La Caire. Voyer ça fait un peu bizarre un mec en jupe courte, très courte… et le vent froid a été un bon prétexte pour garder le pantalon.

Après une demi-heure de marche, j’ai mis la jupette. Je me suis filmé, avec la jupette pour voir ce que cela donne. Puis j’ai rangé la jupette
pour continuer nu.

A la descente, au détour du chemin, je me retrouve nez à nez avec un couple qui monte. Pas le temps de boucler la jupette, mais ça fait quand
même un bout de tissus à se mettre devant le sexe. Bonjour, bonjour, Monsieur rigole et Madame fait la gueule. Finalement la jupette a joué son rôle. Je ne me suis pas ridiculisé à faire la danse du canard pour enfiler un short en toute hâte.

J’ai gardé la jupette pour le reste de la descente. Pour l’aspect liberté de l’entrejambe, pas de problème je suis servi, c’est aéré, surtout par ce jour de mistral. Si je devais croiser quelqu’un, il
faudrait même faire attention à ce qu’une bourrasque ne dévoile pas le paquetage ; de même quand on s’assied.

Le problème, c’est qu’en public, la jupette…, ça fait jupette et donc
un peu beaucoup “tantouse“. Je suis sur que si j’allais avec ça dans
certains bois autour de Grenoble, j’aurais un succès fou…

En conclusion, une bonne solution pour rester dans la légalité en groupe, mais seul, ça craint.

« Allo les flics, il y a dans le bois un type bizarre, en jupette,
et sans rien dessous, même que quand il y a un coup de vent, on voit ses fesses ».

Alors, je crois que je vais encore garder mon short, car là, quand je
suis habillé, je ressemble quand même plus à un randonneur.

Récit imaginaire (pas tant que ça…)

Ceci est un récit tout à fait imaginaire, qui se déroule dans une station de montagne, pas si imaginaire que cela.

Toute ressemblance avec une événement réel connu de certains n’est pas totalement fortuite.

Il se trouve que ce jour là je participe à une expertise judiciaire qui porte sur des désordres sur une remontée mécanique. Je suis là en tant que conseil technique à la demande de la commune. Vers 17 h, alors que l’expert à remballé ses plans et son dossier, et déclaré l’expertise close, le parti de la commune, que j’assiste, est généreusement invité à venir se désaltérer chez Gégé, le restaurant-bar du frère de Monsieur le Maire.

Outre, Monsieur le député-maire, prénommé Maxime, car ici tout le monde se tutoie et s’appelle par son prénom (on est allé à l’école ensembles), il y a le directeur des remontées mécaniques, plusieurs conseillers, la secrétaire de mairie, Maître TARTENPION, avocat au barreau de Paris (on a les moyens de faire appel à un grand cabinet), des experts d’assurance et un ou deux techniciens communaux.

Gégé a mis plusieurs tables de bois massif bout à bout autour desquelles nous sommes une dizaine disposés assis sur des bancs rustiques. La bière et le blanc de Savoie coulent à flot, aux frais de la mairie.

Sur un buffet de bois blanc, décoré de fleurs peintes, des coupes de championnat de ski, toute une bimbeloterie touristique d’un goût douteux. Accrochés aux murs, quelques photos encadrées de gloires locales au garde-à-vous leurs skis à la main, des tête naturalisés de sanglier, de chamois, de cerf. Une grande cheminée en pierres trop neuves occupe une extrémité de la salle, une paire de vieux skis de bois croisés sur la hotte.

La conversation va bon train par petits groupes, commentant l’expertise qui vient de se dérouler.

Changeant de sujet, quelqu’un pose une question à Monsieur le Maire qui me fait dresser l’oreille.

« Maxime, ou en est-on avec l’histoire des nudistes? »

« – j’ai interrogé Dominique de l’Office qui m’a confirmé avoir eu une dizaine de plaintes de touristes avec des enfants. »

Un conseiller à ma gauche, qui est probablement guide ou accompagnateur, confirme « avant hier j’étais au Grand Mont avec des clients, et on en a croisé une dizaine qui ne cherchaient même pas à se cacher, on a discuté un moment avec eux »

« – et tes client, y prennent ça comment ? »

« – pas trop mal, ça les fait plutôt rigoler, un peu moins quand il y a des enfants. »

« Y sont où ces gens là ? »

« – Ce sont des parisiens, ils louent tous les ans chez Martine, celle du Plan d’en Bas. Elle dit qu’ils sont un peu loufoques, mais plutôt sympas.»

Et voilà qu’à l’autre bout de la table, un conseiller pas trop finaud la ramêne « au fait vous avez vu l’histoire du mec dans le Nord qui a violé et étranglé une gamine, pauvre gamine ! »

Un autre conseiller, probablement un hôtelier : « – En tout cas, c’est pas bien bon pour le tourisme, les clients en parlent. »

Là, le maître mot est lâché, la présence de naturistes ne les dérange pas plus que ça, des farfelus, ils en ont vu d’autres, mais si cela peut nuire au tourisme, alors…

Le Maire reprend la parole : « J’ai avertis les gendarmes, mais ils n’ont pas bien envie de monter pour courir la montagne pour rien. Ils m’ont suggéré de les appeler s’il y avait quelque chose de nouveau ».

Quelqu’un se tourne vers Maître TARTEMPION : « Et vous Maître qu’en pensez vous ? »

L’avocat somnolait un peu, il s’est levé à 3h ce matin pour prendre son TGV, et rêve à Marine, la belle monitrice de ski, sa maitresse qui l’attend au chalet ce soir. Un instant, il l’imagine nue courant sur les sentier en sa compagnie.

« heu, oui, cela relève certainement de l’attentat à la pudeur, (visiblement il n’est pas à jour dans ses connaissances), … prison…amende. »

« – les agents municipaux peuvent t-ils intervenir ? »

La réponse est un peu embrouillée, le maître étant de toute évidence plus à l’aise dans les questions civiles que pénales.

Le maire reprend avec autorité la parole : – Nous en débattrons, vendredi au prochain conseil municipal. En attendant j’envoie un courrier au service des pistes et aux bureau des guides leur demandant de nous signaler par la radio toute rencontre avec ces gens là. Catherine (la secrétaire) transmettra à la gendarmerie. L’intéressée acquiesce et prend note dans son calepin quelle sort de son sac à main.

Le député-maire continue « Je monte à Paris la semaine prochaine pour une cession de l’Assemblé Nationale, j’en parlerais au Ministre. »

Encore quelques apartés de ci delà, puis les conversations partent sur un autre sujet.

Je me suis bien gardé d’intervenir, mais écoutant avec attention, car je connais un peu les “nudistes“ en question.

En fait, lors d’une expertise judiciaire à …. j’ai saisi quelques bribes d’une conversation hors sujet entre des conseillers communaux se rapportant à une affaire concernant un de nos amis randonneur naturiste un peu extrêmiste. Pour le reste j’ai imaginé le pot qui suit l’expertise.