Le barrage de Derbendi-Khan (Irak)

En 1992 et 1993, l’entreprise Hydrokarst, spécialisée en travaux spéciaux, est intervenue sur le barrage de Derbendi-Khan en Irak. J’étais du voyage.

Ce barrage, haut de 128 m est de type digue en enrochement avec noyau étanche, sur le même principe que celui de Serre Ponçon en France. Il retient un lac de 113 Km2 et de 3 milliards de m3.

Sa fonction première est de stocker de l’eau pour l’irrigation. A l’époque où nous sommes intervenus, il ne disposait que d’une petite centrale hydroélectrique pour l’alimentation locale.

Dans les année précédentes, un glissement de terrain en rive droite avait légèrement endommagé les installations de prise d’eau et nous intervenions en sous traitant de SOGREAH, notamment pour purger une falaise (1992) et évaluer les éventuels dégâts dans la structure interne du barrage (1993).

Juin 1992 :

En 1992, le régime de Sadam Hussein est en guerre avec les kurdes et le barrage se situe justement à la limite du Kurdistan.

Après un long vol depuis Paris, nous arrivons de nuit à Bagdad. Venant ici pour la première fois je suis impressionné par la majesté du bâtiment de l’aéroport et toutes ses lumières, conçu, nous dira-t-on, par un célèbre architecte français.

Nous sommes accueillis en zone internationale par Ali, qui sera notre mentor, interprète et guide les premiers jours. Il nous pilote dans les démarches avec la douane et les autorités policières locales. Première surprise, on nous confisque nos passeports pour les remplacer par des laisser-passer décrivant en arabe et en anglais notre mission. On nous les rendra à notre retour si l’ingénieur en chef du barrage atteste que celle-ci a bien été terminée ! Selon Ali, tout écart serait sanctionné.

Au passage, la douane (ou la police) nous confisque aussi nos précieux (et couteux) talkie-walkie (au cas où on serait des espions !) qui devaient permettre des liaisons faciles dans les travaux en falaise.

Les démarches terminées, direction l’hôtel en taxi. Tout étant parfaitement organisé par Ali. Après une demi-heure d’autoroute, nous découvrons Bagdad, de nuit, et ses grandes avenues. Pour le moment nous sommes plutôt pressés d’aller nous coucher.

L’hôtel, de classe internationale, est de construction récente et moderne.

Petite anecdote : dans l’ascenseur, le liftier nous fait des propositions. Voulez vous des femmes pour la nuit ? Ou, devant notre absence de réponse, de jeunes garçons ? Pour voir, Pierre fait semblant d’être intéressé. Ali intervient furieux, chasse le bonhomme et nous avons droit à un sermon de première classe : Nous sommes d’affreux occidentaux dépravés, les irakiens ne sont pas comme ça ! Pierre s’explique, c’était juste par curiosité pour voir jusqu’où cette personne allait aller. Ali se calme et nous explique qu’ici, il faut se méfier de tout le monde. Il se pourrait qu’il s’agisse d’un agent de la police et une réponse positive nous aurait directement envoyé dans les geôles de Sadam.

Le lendemain matin, nous découvrons Bagdad, du moins son centre moderne :

de grandes avenues, bordées d’immeubles neufs, propres et bien entretenus. Rien d’une ville orientale comme j’en avais connu en Turquie ou au Maroc.

Nous allons à la banque pour changer un peu d’argent. Surprise, des femmes travaillent ici, non voilées, en proportion non négligeable. Par contre, pas d’écrans, pas d’ordinateurs. Tout se fait calculette, papier et stylo à la main.

Nous limitons notre change au minimum nécessaire, car le dinard local ne peut être reconverti en francs.

Pour cette fois, nous n’aurons pas l’occasion de visiter plus la ville. Le jour même, un taxi va nous conduire à Derbendi-khan. Nous traversons la banlieue Est de Bagdad, morne paysage, desséché où s’élèvent les fumées d’innombrables briqueteries et cimenteries.

Progressivement, nous passons à une campagne très plate avec de rares collines dont certaines sont probablement d’antiques citées réduites à des tas d’argile.

Les villages traditionnels en brique de terre et toits plats sont en cours de reconstruction en dur. De grands panneaux en arabe et en anglais incitent les habitants à construire moderne et durable. L’Etat fournit les presses à parpaing que l’on peut voir un peu partout.

Pendant quelques kilomètres, nous accompagnons un train tiré par une superbe locomotive à vapeur peinte de couleurs vives, jusqu’à ce qu’un passage à niveau ne nous immobilise et que l’on la perde de vue.

Enfin, des collines, puis des montagne pelées apparaissent sur l’horizon. La petite ville de Derbendi-khan se niche au pied des premiers contreforts de la chaîne des monts Zagros.

La chaleur est forte, mais sèche, supportable. La première chose que Pierre (qui est déjà venu ici l’année précédente) m’apprendra : « ne touche jamais une barre de fer ou un outil à main nue, sinon tu finira à l’hôpital! » Nous sommes logés dans un petit hôtel au tenancier sympathique. Une maison traditionnelle et fraiche. Un jour, il nous fera une énorme carpe du lac rôtie. Nous découvrons au petits déjeuners de vrais jus d’orange et des pains plats tous chauds sortis du four que l’on fend en deux pour y glisser de la confiture (d’orange, bien sur!).

Mais nous ne sommes pas là pour faire du tourisme et dès 6 h du matin nous sommes sur le chantier.

Notre tâche consiste à purger la falaise rive droite du barrage des pierres et blocs instables. Pendus à des cordes, nous jouons de la barre à mine.

A nos pieds, pas tout à fait à cause des pierres que nous décrochons, une entreprise allemande réalise des forages horizontaux très profonds pour placer des ancrages censés arriver à stabiliser le glissement rocheux qui affecte cette rive.

Nous travaillons à la corde le matin et le soir quand le soleil n’est pas trop violent. Le reste de la journée est consacrée à divers travaux sur le barrage.

Nous sommes aidés par des ouvriers kurdes prêtés par l’organisation du barrage. Impossible de les convertir à nos techniques de corde sécurisées. Il nous apportent plus de soucis qu’une réelle aide. Dès que nous avons le dos tourné, les longes et les baudriers tombent.

Mais voilà que depuis un bon moment, je m’échine sur un gros bloc qui semble tout près de tomber, mais refuse obstinément de décoller. Ali (pour nous, ils s’appellent tous Ali) me regarde du pied de la falaise. Me hèle, et monte prestement jusqu’à moi sans assurance. Il me pousse un peu et « chouf » (regarde) me montre comment faire. Alors que je tire sur la barre à mine introduite dans la fissure, il y glisse un petit caillou. A chaque fois que je reprend mon effort, un brindille permet de pousser le cailloux un peu plus loin. Bientôt un plus gros cailloux vient le remplacer. Et ainsi de suite. Au bout d’un quart d’heure d’effort, dans un craquement, le bloc se détache et dévale la pente. Ali ri, fier de sa technique.

Les kurdes sont en guerre contre le gouvernement de Sadam. L’armée est présente dans Derbendi-Khan et sur le barrage. Ce qui n’est pas pour nous rassurer. La nuit, nous entendons des tirs sporadiques. Un soir, en revenant du chantier, grand émoi dans le village ; un attentat à la grenade a eu lieu à la poste.

Le matin, nous voyons certains de nos ouvriers kurdes arriver fatigués et somnolents. Un “Ali“ nous donnera naïvement l’explication. Du haut de la falaise, il fait semblant de tirer avec un fusil sur les soldats en bas. Bien-sur, nous garderont le secret.

Un jour de congé (le jour), nous entreprenons d’aller à Souleimaniye. Nous empruntons un véhicule de l’entreprise et nous présentons au check-point qui est à l’entrée du tunnel sur la route principale. Miracle, on nous laisse passer. Soixante dix kilomètres sur une route encombrée de véhicules de tous genres.

La ville ne m’a pas laissée de souvenirs particuliers.

Dans le souk, Pierre se fait tailler en souvenir un costume kurde traditionnel. Pour ma par j’achèterais une jolie gandoura brodée de fils d’or.

Au retour, on se fait gronder par les militaires. Nous avons été imprudents. La région ne serait pas sécurisée et suite à l’enlèvement un ou deux ans avant d’ingénieurs de SOGREAH par les résistants kurdes, le gouvernement craint plus que tout ce genre d’incident.

Le chantier se termine et nous devons le quitter. Avant de partir, nous marquons les blocs menaçants avec de la peinture. Les militaires nous ont promis de les faire sauter après notre départ.

Je ne sais pas s’il l’ont fait, mais nous avons appris quelques temps plus tard qu’un de ces blocs s’est détaché tout seul et est venu écraser la baraque de chantier des allemands, heureusement sans victimes.

Retour à Bagdad, mais l’administration qui doit signer notre autorisation d’envol est paperassière et lente. « to-morow morning, Mister ».

Vieille ville.

Nous en profitons pour visiter la ville et surtout le prodigieux iraki-museum où l’on pénètre entre deux imposants lions de brique couchés.

Le musée comportait deux sections principales. L’une sur la civilisation mésopotamienne, très riche de vases, statues et statuettes en argile, colorées, souvent très libertaires, voire érotiques.

L’autre, consacrée à l’art islamique où la représentation humaine et des animaux est proscrite. Ne restent plus que des émaux, des motifs floraux et des calligraphies. Bien que tout cela soit très beau, on se dit « quelle régression ! ».

Une autre journée est consacrée à faire des emplettes de souvenir avec les dinards irakiens qui nous ont été versés sur place et que l’on ne peut changer. Nous somme éblouis par les bijouteries où l’or et les pierres précieuses ruissellent à flot, notamment dans des parures pour les femmes.

Pour ma part, réunissant toute ma petite cagnotte j’arrive à marchander, pour ma femme, un petit médaillon en or orné d’émaux représentant une fleur.

Ce soir là nous rentrons à la nuit et aucun taxi n’accepte de nous conduire au-delà de la place Ali-Baba. Problème, si nous avons bien l’adresse de la villa louée par SOGREAH, nous nous perdons dans des rues perpendiculaires et tracées au cordeau, se ressemblant toutes. Ces dernières ne portent pas de noms, mais seulement des nombres (à l’américaine) et écrits en arabe. Heureusement, Jean Claude, sur le chantier, s’était amusé à apprendre les chiffres arabes. Cela nous sauvera.

Finalement, notre billet de retour est validé et nous récupérons, mêmes, nos talkies soigneusement conservés par la douane de l’aéroport.

Novembre 1993

Nous voilà de retour.

L’ambiance a bien changé. On est en pleine guerre Irak-Iran.

En ville, à Bagdad, plus de magnifiques parures en vitrine des bijoutiers. Le gouvernement à réquisitionné tout l’or des “patriotes“ pour soutenir l’effort de guerre.

Autour de Bagdad, des centaines de chars sont enterrés au bord des canaux d’irrigation. Seules leurs tourelles dépassent de tumulus de terre.

A Derbendi-Khan, déception, plus de petit hôtel sympathique. Sois-disant pour notre sécurité nous sommes logés dans des algécos dans un camp de chantier organisé par les allemands. Repas pris à la cantine, nourriture européenne insipide et banale (tout importé d’Allemagne).

Les mobil-homes sont mal isolés et la clim défaillante. Bien qu’il fasse moins chaud qu’en juin de l’année précédente, nous avons du mal à nous endormir le soir à cause de la chaleur et du vacarme d’innombrables crapaud refugiés sous ces structures.

A la petit guégerre, somme toute bon enfant, avec les résistants kurdes, s’est substituée une lourde troupe sur les dents. En effet la frontière avec l’Iran est située à quelques dizaines de kilomètres dans les montagnes.

Deux postes de DCA sont installés sur le barrage et le site grouille de militaires. De temps en temps, un avion iranien vient semer le trouble en survolant le barrage.

Cette année, notre mission consiste à évaluer l’état des structures enterrées du barrage. Cela nous arrange bien, nous serons, au moins aux heures de travail, à l’abri d’un éventuel bombardement.

La pièce maîtresse du barrage sur laquelle nous travaillons est le dispositif de vidange constitué de vannes sur un ilot au sommet du barrage, de deux tubes parallèles de 5 m de diamètre incliné à 45 ° et d’une section horizontale qui finit sur deux énormes robinets dit “jets creux“.

Un jet creux

En fait, c’est le principe de votre lance d’arrosage, mais en beaucoup plus grand.

Il s’agit de vérifier l’épaisseur et la qualité des bétons par une méthode géophysique. De la sismique réfraction à petite échelle. La difficulté est d’accéder à toute la périphérie du tube.

Pour cela, Pierre a conçu un chariot équipé d’échelles qui vont permettre d’accéder, 5 m plus haut, à la voute. Le chariot descend progressivement dans la galerie inclinée retenu par un câble et un “tire-fort“. l’opérateur, perché en haut de l’échelle, manipule son appareil, frappant le béton avec un marteau pour générer l’onde sismique.

Si les jets-creux, grands ouverts, peuvent permettre le passage d’un homme, il est hors de question d’y faire passer une pièce métallique d’une certaine importance.

Le seul accès possible est un puits de 70 m de haut et de 1 m de diamètre qui sert d’évent lors du remplissage de la galerie. Toutes les pièces du chariot devront passer par là au bout d’une corde et celui-ci être assemblé au pied, juste derrière la vanne.

Pour mieux comprendre la disposition des lieux, voici une petite explication sur le fonctionnement du système.

Les deux tubes servent à délivrer de l’eau dans la rivière pour l’irrigation de la plaine de Mésopotamie.

Quand on veut fermer un tube, on va d’abord fermer son jet-creux. La galerie va se mettre en pression en équilibre avec la retenue. On peut alors descendre, à l’aide d’un pont roulant, l’énorme vanne devant l’ouverture à 80 m sous la surface. On ouvre à nouveau le jet creux et la pression vient plaquer la vanne contre l’ouvrage en béton, assurant l’étanchéité.

Pour ouvrir à nouveau, on ferme d’abord le jet-creux. Puis on ouvre sur la vanne en place une vanette qui va permettre de remplir progressivement la galerie. L’évent sert alors à évacuer l’air. Quand la galerie est pleine la pression est en équilibre de part et d’autre de la vanne que l’on peut alors remonter à la surface.

A gauche, une vanne levée.

Une de nos grandes peur lorsque nous travaillions dans la galerie était qu’un bombardement iranien intervienne, endommage la digue, et que le personnel du barrage entreprenne de lever la vanne, en dessous de laquelle nous nous trouvions afin de faire baisser le niveau du plan d’eau.

Pour parer à cette sinistre éventualité Pierre avait dérobé les clefs du local de commande et retiré tous les fusibles.

Nous accédons chaque jour à la galerie par le jet-creux, puis remontons la galerie inclinée en s’assurant avec des cordes. Nous avons tenté d’initier nos auxiliaires kurdes au maniement des longes et bloqueurs, mais dès que nous avons le dos tourné les bloqueurs sont enlevés et la progression se fait corde à la main. Mains nues bien-sur !

Le chariot dans la galerie.

Cette insouciance nous a valu quelques petits accidents.

Dans la grande galerie, une lame d’eau gicle d’une mince fissure du béton et fouette furieusement nos bottes quand nous passons au travers. Un de nos ouvriers à soif et ne trouve pas mieux que de tendre les mains pour collecter l’eau. Mais avec de l’ordre de 10 bars de pression, il ressort avec les mains ensanglantées.

Un autre jour, nous remontons à la corde de lourdes pièces du chariot dans le puits de 70 m. Pour cela nous avons mis en place un renvoi de corde avec des bloqueurs en sécurité. Nos gars tirent sur la corde avec des poignées autoblocantes. La manœuvre semble bien comprise et la charge commence à remonter régulièrement le puits au rythme d’un chant local.

Autre chose, je ne sais plus quoi, attire ailleurs notre attention. D’un coup des hurlements et un grand bruit sourd nous ramènent au puits. Les kurdes, ont enlevé la sécurité et abandonné les poignées pour prendre la corde à mains nues. Sous la charge, probablement plus de 100 Kg, la corde leur a échappé. Ils ont essayé de la rattraper et se sont gravement brulés aux mains.

A chaque fois, Pierre est convoqué au village pour se faire sermonner par une femme médecin irakienne. Nous sommes d’affreux capitalistes qui exploitent de pauvres prolétaires sans se soucier de leur sécurité. Nous sommes menacés d’un rapport envoyé aux autorités supérieures.

A propos, nous avons notre propre médecin au camp : une polonaise, la seule femme parmi une centaine d’hommes. Elle n’aime pas trop les allemands, elle parle un peu français et nous rejoint quelquefois, le soir au bord de la piscine.

Le soir, au bord de la piscine.

Un autre jour, une autre mission nous est confiée. Aller photographier par l’intérieur une vanne (robinet creux) qui commande l’arrivé d’eau à une des deux turbines hydroélectriques.

La conduite forcé fait 50 cm de diamètre. Pour des spéléos comme nous le sommes tous, c’est jouable. Pierre et moi, nous chargeons de cette inspection. La progression commence en rampant dans un tuyau horizontal. Pas de problème. Mais un peu avant la vanne , il y a un coude et la conduite plonge sur quelques mètres à 45°. Pierre est devant. Bien sur dans un tube aussi étroit pas possible de se croiser ou de se retourner. Donc c’est lui qui va devoir y aller la tête en bas. Je l’assure avec une corde, dont il aura de toute façon besoin pour remonter. l’amarrage ? c’est moi bloqué en opposition dans le tube. L’ambiance est des plus angoissantes, on s’entend à peine avec le grondement et les vibrations de l’autre turbine en fonctionnement. Finalement, il fait ses photos, mais maintenant, il faut remonter, toujours la tête en bas. Je tire de toutes mes forces pendant qu’il gigote de son mieux. Enfin ,il passe le coude. Retour en marche arrière jusqu’à la grande galerie. Délivrance !

Notre mission terminée, il est convenu que je rentres le premier en France. Pierre et Jean Claude vont rester quelques jours de plus à Bagdad pour organiser le retour du matériel.

Pierre doit me ramener en voiture pour prendre l‘avion le soir. Au premier poste de contrôle rencontré, nous sommes arrêtés : la route directe est interdite pour des raisons militaires. Pierre ne l’entend pas de cette oreille, il discute et finalement on nous laisse passer. Cent Kilomètres plus loin, nouveau check-point. Là, un officier est intraitable. Trop dangereux, il y aurait des combats. Il faut passer par Mossoul, un détour de plusieurs centaines de kilomètres. Nous devons nous résigner à faire demi-tour. De Mossoul, pressés, nous n’aurons pas vu grand chose, hors une immense statue de Sadam sur un rondpoint et, ce qui m’a choqué, alors que nous étions arrêtés à un feux rouge, des gamins dans une cour d’école qui défilaient au pas avec un fusil en bois sur l’épaule sous la direction de l’institutrice.

Retour en France. L’avion descend sur Genève. Il neige, aucune visibilité ; par le hublot, je vois les flocons qui défilent. Un choc, puis des lumières, nous sommes posés.

Je rapporte l’appareil de géophysique. Problème à la douane française. Les papiers nécessaires n’ont pas été faits. On me le confisque ! Tant pis, SOGREAH se débrouillera plus tard pour le récupérer.